Géographie






Le contexte géographique :
La ville de Nœux-les-Mines se situe au coeur du département du Pas-de-Calais, entre Béthune et Arras, et sur les premiers contreforts des collines d’Artois. Nœux-les-Mines est assise au milieu d'une entité géographique autrefois le bassin minier du Nord de la France, qui épouse les contours d’un vaste croissant dont l’extrémité Ouest débute à Aire-sur-la-Lys et dont l’extrémité Est est délimitée par la région de Valenciennes.
L’ensemble du territoire communal est donc représentatif d’un relief typique de plaines (la grande plaine du nord), où émergent deux terrils, vestiges de ce qui fut jadis la richesse locale, l’exploitation du minerai du charbon. La ville de Nœux-les-Mines fait également valoir de nos jours encore, un riche passé agricole, avec plus d’un tiers du territoire occupé par des exploitations de grandes dimensions.
Nœux-les-Mines compte une population de 12,069 habitants (recensement 1999), pour 5 200 foyers. Elle s’étend le long d’un axe principal Nord/Sud sur plus de 4 kilomètres, et possède une superficie de 884 hectares, dont 430 sont bâtis. L’altitude de la commune varie de 25 mètres à l’entrée nord à 52 mètres à l’extrémité Sud.
Administrativement, Nœux-les-Mines dépend de l’arrondissement de Béthune. Elle est chef-lieu d’un canton regroupant les communes de Nœux-les-Mines, Barlin, Drouvin-le-Marais, Fouquereuil, Fouquières-lès-Béthune, Gosnay, Haillicourt, Hersin-Coupigny, Hesdigneul-lès-Béthune, Houcin, Labourse, Ruitz, Vaudricourt.
Serge Marcellak, est le Maire de Nœux-les-Mines.
Karine Gauthier, première adjointe au maire est conseillère départementale et vice-présidente du conseil départemental du Pas-de-Calais.
L'histoire
En l’absence de documents historiques précis, il est bien difficile de dater la création de Nœux-les-Mines. Cependant, de nombreux objets ont été exhumés dans le secteur de la Ville correspondant à l’actuel « Bas de Nœux » qui nous permettent de supposer qu’une agglomération s’élevait sur le terroir aux alentours du IVe siècle. En effet, le creusement de fondations dans les rues du Paradis, Labarrois, Sadi Carnot et rue du Buisson ont mis au jour nombre de poteries, bijoux, fibules, ossements humains, armes.
La nature des objets et leur configuration laissent supposer qu’il y a eu à cet endroit une violente bataille ou qu’un cimetière a été aménagé.
Quoiqu’il en soit, ce lieu a permis l’établissement d’une petite bourgade qui a pris le nom de Vitris. Cette cité lacustre, établie sur les marais fut saccagée en 879, puis en 882 par les hordes de Normands, débarquées à l’estuaire de la Canche et se dirigeant vers Arras.
Au Xe siècle, un clan d’une tribu saxonne s’installe sur les vestiges de l’ancienne cité et lui aurait donne le nom de Nœwe du teuton « nouveau ». À ce propos, les avis des historiens divergent concernant l’étymologie du terme. Il pourrait s’agir du mot d’origine romane (Noda-Nodum) signifiant terre noyée ou marécageuse.
Au fil des siècles, le nom de la cité a été modifié à maintes reprises : Nœuve en 999, Nuet en 1100, Nuee en 1228, Neuee en 1386, Nœu en 1532, Nœwe en 1589 puis Nœu du début du 17e siècle jusqu’en 1789.
Le bourg est ensuite nommé Vitry-les-Béthune, vulgairement dit « Nœu ». Ces changements de dénomination s’expliquent par l’intention des seigneurs locaux, désireux de donner leur nom au village.
En 1789, les Nœuxois, en vue de la convocation des États Généraux désignent l’un de leurs concitoyens Hogedez, qui se rendra à Arras le 20 avril pour l’Election des Députés du Tiers-Etat, qui représenteront l’Artois à l’Assemblée nationale à Versailles.
L’année suivante, une fois l’Ancien Régime aboli, Louis Logez est élu premier maire de Nœux, prenant le titre d’Officier de la République. À cette époque, la commune compte 643 habitants. À la fin du XVIIIe siècle, elle croît légèrement pour atteindre 700 âmes. Avant la découverte du charbon (1850) le bourg est uniquement rural.
Au XIXe siècle, la cité, à nouveau dénommée Nœux, se voit attribuer la terminaison « lez-Béthune » afin de la distinguer de Nœux-les-Boffles (Nœux-les-Auxi).
Le 13 août 1887, par décret du Président de la République, Sadi Carnot, Nœux-lez-Béthune change une dernière fois d’appellation et devient officiellement Nœux-les-Mines.
L’avènement du charbon
Quarante ans plus tôt, se produisit l’évènement le plus important de l’histoire locale : la découverte d’un gisement houiller. Partis de Oignies, les spécialistes remontèrent les veines charbonnières, arrivèrent dans le Lensois, à Loos-en-Gohelle, et enfin, grâce à l’opiniâtreté de M. de Bracquemont, le trépan atteint la houille de Nœux.
En 1851, la fosse n°1 dite de Bracquemont entre en activité, suivie en 1865 de la fosse du N°3. Nœux-les-Mines devient alors une commune caractéristique des cités minières, et l’urbanisme va s’en trouver modifié pour longtemps. Des quartiers sont construits à la hâte pour loger une main-d’œuvre abondante, issue notamment de plusieurs vagues d’immigration (polonaise et italienne notamment). Les compagnies des mines, progressivement « vont créer un Etat dans l’Etat » et gérer l’existence des mineurs et de leurs familles. Outre le logement, les compagnies des mines interviennent dans le secteur social, ont leurs propres magasins, leurs associations (sportives ou culturelles), leurs églises…
À partir de 1852, le chiffre de la population augmente d’année en année de façon considérable. En 1850, Nœux possède 1 200 habitants, ce chiffre double en 1856 pour atteindre 4 800 habitants en 1886. Cette période se caractérise par une grande prospérité car l’exploitation minière permet l’établissement d’usines de sous-produits du charbon, comme l’industrie à coke, le goudron, le sulfate d’ammoniaque, les briquettes et boulets.
Un premier coup d’arrêt est porté à l’essor de l’économie locale au mois d’août 1914. Depuis le 3 du même mois, l’Allemagne a déclaré la guerre à la France et Nœux accueille sur son territoire les quadragénaires affectés à la surveillance des voies, ponts et postes d’aiguillage. À partir du mois d’octobre, une garnison est affectée à Nœux-les-Mines et les batteries de canons sont mises en place aux abords de la Ville. À partir de 1915, Nœux-les-Mines est partie intégrante du théâtre militaire, et si la population s’habitue tant bien que mal à cette tragédie, le potentiel minier est durement frappé, réduisant davantage encore la production de charbon.
Durement éprouvées par la guerre, la commune n’a cependant jamais ployé sous la force de l’ennemi. Nœux, ville martyre, fut citée à l’Ordre des Armées en 1920 et reçut la Croix de Guerre la même année.
À peine les élus ont-ils le temps de relancer la mécanique industrielle que survient la drôle de guerre. Le 1er septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne, et à partir de mai 1940, la ville comme toutes celles de la région subit la loi de l’occupant.
Il faudra attendre le jeudi 1er septembre 1944 pour assister à l’entrée à Nœux-les-Mines d’un détachement allié de la 8e armée mettant fin à un long cauchemar.
Le temps pour les forces vives d’entreprendre la reconstruction de la Ville, que l’économie locale est touchée par la récession minière qui aboutit à la fermeture du dernier puits de mine à Nœux en 1961.
A la fin des années 60, Nœux-les-Mines se trouve dans la situation commune aux anciennes cités minières : un urbanisme d’un autre âge, une quantité importante de friches industrielles, un parc de logements vétuste, une économie exsangue et une population qui a beaucoup de difficultés à se renouveler, les jeunes générations étant attirées par les centres urbains (la métropole lilloise notamment) leur offrant davantage de perspectives professionnelles.
Les années 70 vont donc être consacrées au renouveau : celui de l’urbanisme, de l’environnement et de l'aménagement du territoire, avec la mise en œuvre de programmes de construction de logements neufs, la rénovation de l’habitat hérité du patrimoine des Houillères, le développement des infrastructures routières, des services, des équipements publics (sportifs et scolaires notamment). La transformation du secteur économique va s’opérer avec la reconversion vers des activités liées aux nouvelles technologies. Enfin, de nouvelles orientations vont radicalement transformer l’identité et le visage traditionnel de la commune.
Années 80, les bases du renouveau
La Municipalité, afin de juguler une probable hémorragie de sa population, entame un important programme de constructions de logements et d’équipements, véritable pari sur l’avenir.
Une page est définitivement tournée et depuis cette époque, les élus municipaux ont placé Nœux-les-Mines sur la voie du :
- Renouveau économique avec la création de deux zones industrielles en 1978 qui ont accueilli plus de 30 entreprises en dix ans.
- Renouveau de l’urbanisme et de l’environnement. Les quartiers vétustes cèdent la place à de nouveaux lotissements, modernes, fonctionnels, harmonieusement agencés. La voirie augmente chaque année son potentiel de routes et trottoirs rénovés.
- Renouveau dans le domaine des sports et loisirs enfin, puisque Jacques Villedary, maire et conseiller général, a mis en chantier un ensemble de réalisations (Loisinord, un Stade de Glisse avec une piste de ski artificielle) qui donne à Nœux-les-Mines une physionomie et une entité nouvelles, empreintes de dynamisme, de nouveautés et créatrices d’emplois et de vitalité.
Dans les années 80, deux parcs industriels vont être aménagés sur d’anciennes friches industrielles, une initiative menée à son terme sous la forme d’une structure intercommunale, animée par un Service d’Action Économique. La stabilité convainc des chefs d’entreprises à s’implanter sur ces zones, créant une importante manne d’emplois attirant une nouvelle population. Les Houillères Nationales, devenues CDF Chimie, ont donné une connotation particulière au tissu industriel du Nord de la France, axé principalement sur les activités chimiques et la plasturgie. La production s’est toutefois diversifiée vers l’agroalimentaire, l’électronique et la chaudronnerie. Les parcs industriels regroupant jusqu'à 41 entreprises et près de 1 100 salariés.
Au cours de la décennie 80-90, la ville a été lauréate à plusieurs reprises de concours nationaux relatifs à l’aménagement du territoire (Palmarès des Écharpes d’Or, Palmarès National de l’Habitat).
Les espaces publics, les quartiers font également l’objet de cette reconquête du cadre de vie, sans oublier bien entendu l’attente prioritaire de tout administré : le logement. Le logement à Nœux-les-Mines est essentiellement de type individuel. Les grands ensembles sont inexistants. Durant ces décennies, les anciennes cités minières bénéficient de réhabilitation. Le neuf se conjugue avec le patrimoine ancien rénové. Les Houillères du Bassin Nord - Pas-de-Calais, à l’heure du déclin de l’exploitation minière, ont créé un certain nombre de filiales (SIA, Épinorpa), qui gèrent un parc immobilier très important. Les habitations les plus vétustes sont abattues et remplacées par des programmes neufs. Certaines sont conservées autant par souci pratique que par volonté de conserver des éléments typiques de la région, mais bien évidemment dotées de tous les éléments du confort actuel. Ainsi, les anciennes cités du N°1 et du N°3 offrent une mixité « urbanistique » très cohérente.
Loisinord : Un pôle de développement touristique
La redynamisation du tissu économique et la restructuration urbaine ont ouvert de nouvelles perspectives de développement communal, des perspectives confortées par la réalisation du complexe Loisinord.
Le concept Loisinord a été imaginé par Jacques Villedary, ancien maire, au début des années 80, à l’époque où les loisirs apparaissent comme un phénomène de société. Loisinord, à l’origine repose sur deux objectifs majeurs. Le premier est de requalifier un vaste périmètre dédié jadis à l’exploitation charbonnière et laissé depuis en friches. Le second est de rendre un certain nombre d’activités de tourisme et de loisirs accessibles à une population régionale la plus large possible. Le projet a été élaboré autour de deux grands axes structurants : l’un est classique, il s’agit d’un lac artificiel, l’autre est beaucoup plus original : créer sur l’assise d’un ancien terril, une station de ski sur surface synthétique.
Plusieurs années ont été consacrées à la réalisation d’études spécifiques, de faisabilité et de rentabilité notamment, et à la recherche de partenariats institutionnels susceptibles d’accompagner les projets, en termes de financements. En juillet 1994, la base nautique ouvrait au public, suivie en mai 1996 de la station de ski.
Nœux-les-Mines au quotidien :
Avec une population de plus de 11 000 habitants, Noeux-les-Mines fait figure de ville de taille moyenne, notamment dans l’environnement très peuplé de l’ancien bassin minier, et au cœur d’une région Nord - Pas-de-Calais comptant plus de 4,1 millions d’habitants. Les statistiques montrent que la population active est relativement « éparpillée », un nombre important de Noeuxois est en effet employé sur la métropole lilloise et dans la région de Lens.
L’étude de la structure démographique fait apparaître une population jeune importante 30,60 % (taux moyen national 26,50 %). 28,50 % de la population se situe dans la catégorie 20 à 39 ans et 19,80 % de la population a entre 40 et 59 ans. Par contre, cette étude montre également que 21,10 % de la population a plus de 60 ans alors que la moyenne nationale est de 19,90 %.
Ville de taille moyenne, Nœux-les-Mines possède un ensemble de services et d’équipements publics assurant à la population une parfaite autonomie : crèche, halte-garderie, services péri-scolaires, équipements scolaires (de la maternelle au BTS), services administratifs, centre culturel, maisons de retraite (pour certaines médicalisées), service de restauration et de portage de médicaments à domicile pour les personnes âgées, foyer de l’Association des Paralysés de France…
L’une des particularités de Nœux-les-Mines est la richesse de son secteur associatif. Pus de 110 associations assurent une animation permanente tout au long de l’année, notamment dans les domaines sportifs et culturels, et certaines perpétuent les traditions et les coutumes locales : la colombophilie, le jeu des javelots.
